Daniel Roth pour Wired a publié un article sur l’avenir de l’argent à l’heure du numérique où il observe comment l’écosystème du paiement est attaqué à la recherche de nouveaux moyens pour démolir la forteresse que les banques et sociétés de crédits ont construite.
Il y évoque bien sûr de nombreux services, comme :
Twittpay, un service de micropaiement adapté à Twitter, qui vous permet d’envoyer un micro-paiement via un simple Tweet pour autant que vous soyez abonné au service.
Square, le prometteur lecteur de carte de crédit qui se branche sur n’importe quel terminal, même mobile…
Obopay, qui permet de transférer de l’argent d’un téléphone à un autre juste depuis son code PIN.
Zong qui permet de donner son numéro de téléphone plutôt que son numéro de carte de crédit pour payer et d’être facturé de ses achats directement sur sa facture télécom, qui signe peut-être le retour du modèle du "kiosque".
GetGiving, une application mobile qui utilise PayPal pour permettre aux organismes de bienfaisance d’accepter des petits dons sans avoir à payer les frais exorbitants de transaction par carte de crédit.
Le Ven, cette monnaie virtuelle développée par Hub Culture…
Sans compter les nombreuses plates-formes de prêt en P2P comme Dwolla, Propser, Zopa ouKiva… Ou celles de gestion de compte distribués, des systèmes sociaux de gestion de finances personnelles, comme Mint ou GreenSherpa…
Il faut dire que nombreux sont ceux qui s’intéressent aux nouvelles formes de paiement permises par l’électronique. Et pas nécessairement que de petits acteurs :
- Google tente de contourner les prélèvements des intermédiaires avec son propre système de paiement CheckOut ;
- Facebook est également en train de développer son propre système de paiement de biens virtuels, Facebook Credits associé à PayPal ;
- Apple permet désormais à ceux qui développent des applications de facturer des frais d’abonnement directement via iTunes…
"Les banques et sociétés de cartes de crédit ont passé 50 ans à construire un système propriétaire et vérouillé" (et sécurisé, faut-il le rappeler), qui gère des milliards de transactions annuelle. Pour l’utiliser, tout un chacun doit payer sa dime. "Il semble vraiment étrange que les sociétés de cartes de crédit puissent continuer à percevoir une taxe sur l’économie", s’étonne Aazon Patzer fondateur de Mint.com. "En dehors du gouvernement, ils sont la seule entité qui a le pouvoir de prélever une taxe sur pratiquement toutes les transactions. Cela avait peut-être du sens dans les années 60, quand l’infrastructure informatique était couteuse et propriétaire. Mais aujourd’hui, avec de l’informatique bon marché partout, le coût réel pour effectuer une transaction n’est que de quelques centimes".
Pourtant, ce qui justifie la "taxe" que prélèvent banques et sociétés de crédits, c’est la garantie de paiement : autrement dit le fait que quand la banque accepte un paiement, elle assure le commerçant qu’il sera réglé même si le client est finalement non solvable. La banque assume un risque qu’elle fait payer. Peut-être trop cher, c’est possible et même probable, ce qui explique qu’il y ait un espace pour développer des offres concurrentes. Mais, contrairement à ce qu’évoquent Aazon Patzer ou Christian Lanng, l’essentiel du coût du paiement est plus liée au risque de non-paiement qu’au coût de la gestion technique.
Pas sûr au final que ces nouveaux systèmes de paiement transforment en profondeur notre rapport à l’argent. Le microcrédit lui-même n’y est pas parvenu, soulignait récemment la chercheuse Esther Duflo. Il n’y a pas de raison que ces nouveaux produits soient plus miraculeux ou novateurs. Disons qu’à défaut de changer les choses en profondeur, ils pourraient faciliter le commerce, simplifier la vie des consommateurs et réduire le coût des paiements en ligne… Au prix, sans doute, d’un tout petit peu moins de sécurité et de beaucoup moins de vie privée.