C'était le 13 août dernier. Hamara Diarra, d'origine sénégalaise, consomme un café en terrasse à Lyon en fin d'après-midi (en plein ramadan).
Selon la police, il est alors pris à partie par "des jeunes d'origine maghérine" et violemment passé à tabac par ce groupe ayant appelé en renfort d'autres jeunes. Le pronostic vital n’est plus engagé mais cette personne à frôler la mort.
Quand je vois des histoires comme ça, je me dis que certains d’entre nous ont vraiment touché le fond. Même le bon dieu à qui est destiné le jeune ne réclame pas la tête de ces personnes. Ils leur laissent la possibilité de se rattraper via plusieurs voies.
A noter la réaction salutaire du recteur de la Grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, qui a condamné cette agression. Les agresseurs "ne sauraient se prévaloir de la pratique ou non du jeûne de Ramadhan", réagit le recteur dans un communiqué. "Cette agression n'est en aucun cas compatible avec les principes religieux que professe l'islam.
La Mosquée de Lyon rappelle que la religion demeure de la responsabilité du musulman face à son créateur et que lui seul à le pouvoir de juger chacun d'entre nous pour ces actes et sa pratique religieuse. Nul homme n'a le pouvoir de se substituer à lui", insiste mercredi le recteur.
Dans le contexte actuel, où l’on re-entend les discours sur la guerre des civilisations, où les tensions sont exacerbés, ou les souffles braise ne manquent pas ; de tels gestes ne font que renforcer le fossé qui séparent les gens de culture différente.
Ironie du sort le fait de se bagarrer ou d’insulter quelqu’un annule le jeûne. Ces personnes par leur acte ont perdu leur journée de jeun. Ça m’étonnerait qu’ils acceptent de subir le même sort que leur victime.