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 L’association Jamaât Attabligh Wa Daâwa

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MessageSujet: L’association Jamaât Attabligh Wa Daâwa   Lun 14 Mai - 16:17

Voici un univers à découvrir :

En français, le groupe de prédication et d’appel à Dieu organise des rencontres annuelles dans toutes les régions du Maroc (A Berrechid il y avait pas moins de 10.000 membres).

Objectif des ces réunions : apprendre les règles de la prédication, grâce à un programme intensif qui s’étale sur 3 jours.

Jeunes et moins jeunes, en grande partie des agriculteurs, commerçants ou encore étudiants, se distinguent par leurs longues barbes, leurs kamiss (habit pakistanais) ou jellabas, avec une calotte ou un turban sur la tête.

Au sein de ce grand rassemblement, aucune trace de la gent féminine. C’est une rencontre dédiée aux apprentis-prédicateurs, qui laissent derrière eux femmes et ménages pour se consacrer à répandre la parole de Dieu.

Les membres de cette association tiennent à rappeler leur spécificité par rapport aux autres mouvements salafistes. «Nous condamnons la violence, et nous appelons à utiliser la bonne parole pour attirer les citoyens vers la voie de Dieu», avance un des anciens de la Jamaâ. Jusqu’à présent, «aucun membre n’a été impliqué dans des actions de terrorisme. La Jamaâ ne compte pas de prisonniers dans ses rangs», soutient-il. Elle se présente comme étant une organisation apolitique, n’ayant aucun lien avec les autres courants de l’islamisme politique. Lors des échéances électorales, «aucune consigne n’a été donnée aux disciples. Chacun est libre de voter pour la personne de son choix».

Opérer par groupes :

Le livre de chevet des membres de la Jamaâ est Ryad Assalihine du célèbre Cheikh syrien Muhieddine Annawawi. «Grâce aux enseignements de cet ouvrage, nous apprenons les bonnes pratiques à adopter dans notre conduite», avance un membre de la confrérie.

L’objectif de ce rassemblement ne se limite pas aux cours théoriques, ceux-ci servent à mieux préparer les participants à se lancer dans la prédication sur le terrain. A l’issue des 3 journées de formation, des groupes sont formés en vue d’être déployés dans les quatre coins du Maroc.

Chaque groupe est constitué de 10 membres dont 2 ayant pratiqué la prédication pendant au moins 10 ans.

La répartition des groupes dépend de la capacité financière et du temps réservé par chaque membre à cette mission.
- Pour les personnes ayant prévu de consacrer 4 à 10 jours, elles seront généralement affectées dans des zones proches du rassemblement.
- Celles pouvant se mobiliser pour une période plus longue, parfois 4 mois, iront distribuer la bonne parole dans des zones plus éloignées.

Cela traduit la philosophie adoptée par cette confrérie concernant «les sorties pour répandre la parole de Dieu, revivifier la religion, et appeler au retour aux pratiques du prophète et de ses compagnons».

Pour participer aux missions de prédication, les fidèles «doivent donner de leur personne, de leur argent et de leur temps», fait-on savoir. Si une des conditions fait défaut, la personne ne peut être admise au sein du groupe.

Le déploiement des missions de prédication se fait également en fonction des compétences des participants. Les plus expérimentés sont envoyés dans les localités rurales ou urbaines ne disposant pas de structures religieuses. Les novices, eux, accompagnés de deux anciens, sont envoyés dans des villages où l’organisation dispose de relais locaux.

Les responsables de la Jamaâ tiennent à préciser qu’ils n’interviennent pas dans les zones où le ministère des Habous et des Affaires islamiques dispose de mosquées dotées de personnel qualifié. Ce qui n’empêche pas les prédicateurs de l’association de faire du porte à porte. Cette mission n’est pas de tout repos. Ces prédicateurs sont souvent chassés de manière violente par les habitants des douars, suspicieux quant aux objectifs de ces prêcheurs.

Internationale salafiste :

Le référentiel idéologique de Jamaât Attabligh étant international, «l’appel à la voie de Dieu» ne se limite pas au territoire national. «Plusieurs groupes ont fait le déplacement dans différents pays pour répandre la parole de Dieu», a affirmé un membre de la Jamaâ. Il a lui-même effectué des missions en Tunisie, Qatar, Brésil, Thaïlande ou encore en Allemagne.

«Nous organisons des rencontres avec les habitants des villes que nous visitons, avec l’aide d’interprètes. Nous avons fait de la prédication même au sein de certaines églises, ou encore dans des agences bancaires», a fait savoir un autre membre qui vient de rentrer d’un voyage qui l’a mené au Bangladesh.

Pour les groupes destinés à la prédication à l’étranger, le point de rassemblement est la célèbre mosquée Annour, au quartier Beauséjour à Casablanca, connu comme un repère des Salafistes de tout le Maroc.

Grande capacité d’encadrement :

Le mode d’organisation de ces rassemblements témoigne de la capacité d’encadrement de la Jamaâ. Aucun détail n’est laissé au hasard.

Les participants arrivent par groupes et sont accueillis à l’entrée du camp par l’un des responsables. Le guide de chaque groupe, généralement un ancien, est chargé de transmettre aux responsables du camp une fiche comprenant les noms de ses membres, une cotisation de 100 DH, et la carte d’identité nationale.

Les documents réunis sont transférés à une tente mitoyenne pour la constitution d’une base de données. Une copie est envoyée aux autorités locales. «Nous tenons à nous assurer de l’identité de chaque participant. Les personnes ayant des antécédents judiciaires ne sont pas admises au sein de la Jamaâ», fait savoir la personne chargée de l’accueil.


Après une séance de briefing sur le déroulement des activités, les groupes, équipés de leurs couettes et de petits matelas, sont dirigés vers les tentes dressées à l’intérieur du campement.

Une fois la barrière d’entrée franchie, ils n’ont plus le droit de ressortir jusqu’au 3ème jour. A l’intérieur, organisation et répartition des tâches sont les maîtres-mots. Après l’entrée, la première tente est réservée à la commission de concertation (Majliss Al Machoura). Rien n’est fait sans prendre l’avis de ces sages de la Jamaâ. Parallèlement, des sections (chouâba) sont mises en place, chacune est dotée d’une tâche bien précise. C’est un système quasi-militaire. Chaque disciple chargé d’une mission s’y attelle avec abnégation. Outre les indispensables salles de prière et le lieu des ablutions, des tentes sont réservées à la préparation des repas, et d’autres pour le stock des denrées.

Au centre, trône la salle de conférences où le guide général de la Jamaâ, Bachir El Younssi, dispense ses cours de prédication. D’autres incitent les disciples à se consacrer au service de Dieu.

Au milieu du campement, trône un grand portrait du Roi en tenue militaire. L’attachement de cette organisation à la Monarchie est rappelé dans une grande pancarte à l’entrée du camp. Cette association reconnue par l’Etat a bénéficié de l’appui des autorités locales pour l’organisation de cet événement. Personnels de la Sûreté nationale, des Forces auxiliaires et des Sapeurs pompiers ont été mobilisés pour l’occasion. Une unité médicale a été mise en place pour accueillir les participants souffrant de diverses maladies. «Il y a des personnes âgées, certaines sont diabétiques, et avec la forte chaleur, les malaises sont nombreux», a souligné un membre de l’équipe d’organisation. «Les autorités locales nous ont également fourni les tentes, ainsi que les services d’eau et d’électricité», fait-on savoir.

Pour le financement –la question épineuse des sous- de ce grand événement, les responsables de la Jamaâ avancent que c’est principalement les cotisations des disciples qui couvrent les frais. Il n’est pas exclu que l’association dispose d’autres canaux de financement.

Idéologie

Les origines de Jamaât Attabligh wa Daâwa remontent à l’Inde. Son fondateur, dans les années 1920, est Mohamed Ilyas Al Kandhlawi. Il prônait la pratique de la prédication sous une approche revivaliste de la religion, avec une orientation strictement apolitique.

Elle est active au Maroc depuis 1961. Ses disciples sont appelés à adopter 6 principes qui constituent le guide du salut du croyant. Il s’agit de :
- «croyance en un Dieu unique»,
- «la prière avec dévotion»,
- «la science et le rappel perpétuel de Dieu».
- «l’amour et la générosité envers tous les musulmans»,
- «l’intention sincère»
- «la prédication et les sorties pour répandre la parole de Dieu».

Extraits de : www.leconomiste.com
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http://www.mizania.com
 
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