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     Les trésors cachés de Khouribga

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    Les trésors cachés de Khouribga Empty
    MessageSujet: Les trésors cachés de Khouribga   Les trésors cachés de Khouribga Icon_minitimeVen 17 Jan - 13:51

    Khouribga est connue pour héberger la plus grande mine de phosphates à ciel ouvert du monde.
     
    Mais ce qu’on connaît moins, c’est que ce site est unique au monde parce qu’il renferme quantité de fossiles de vertébrés, parfaitement bien conservés et rangés dans un ordre chronologique, le tout sur une période critique de l’histoire de l’évolution.
     
     
    Les phosphates, que l’on trouve en abondance sur les marges africaines, conservent en effet parfaitement les os ou les dents de vertébrés, qui sont constitués d’hydroxyapatite. A l’inverse, ils ne permettent pas la fossilisation des coquilles d’invertébrés, formées d’aragonite et qui constituent le gros des fossiles que l’on trouve en Europe, dans les dépôts calcaires.
     
    Emmanuel Gheerbrant explique : « Si aujourd’hui cette partie du Maroc est un plateau de 800 mètres d’altitude, il y a quelques dizaines de millions d’années, il s’agissait d’une mer aérée, ouverte sur l’Atlantique, profonde d’à peine 100 à 200 mètres et alimentée en nutriments par une remontée d’eaux profondes. » La vie marine y prospérait, à l’instar de bactéries dites phosphatogènes, photographiées pour la première fois en 2013 dans un coprolithe issu des mines de Khouribga et qui, dans certaines conditions de température et de pression, sont capables de transformer la matière organique en phosphates.
     
    Des phosphates qui se déposent en continu au fond, recouvrant les carcasses, les dents ou les déjections animales. « Et c’est d’autant plus intéressant que ces dépôts se sont formés entre le maastrichtien et l’yprésien !… », s’enthousiasme Emmanuel Gheerbrant. «… C’est-à-dire entre moins 70 et moins 48 millions d’années. Soit avant et après la grande crise du crétacé-tertiaire (KT) qui, il y a 66 millions d’années, a vu l’extinction des dinosaures ! »
     
    « Il s’agit  du plus long enregistrement continu connu pour cette période puisqu’il couvre 24 millions d’années, ajoute Nour-Eddine Jalil, un professeur de paléontologie au MNHN qui a grandi dans la région de Khouribga.
     
    UNE FOIRE AUX FOSSILES D’ALSACE
     
    Nour-Eddine Jalil poursuit en racontant que les premières recherches paléontologiques menées à Khouribga ont débuté en 1934 avec l’arrivée de Camille Arambourg, du MNHN. Le tout jeune OCP  à l’époque français lui avait demandé de dater les différentes couches de phosphates. Une entreprise malaisée puisque ces gisements sont dépourvus de fossiles d’invertébrés et des microfossiles qui, d’ordinaire, permettent la datation des roches.
     
    C’est donc en utilisant les dents de requin, objets abondants aussi bien dans les phosphates que sur le logo de l’OCP, qu’il a mené sa tâche à bien, publiant en 1952 une monographie dans laquelle il décrivait 150 espèces de poissons ou de reptiles marins. L’histoire aurait pu en rester là si, en 1996, un collectionneur, François Escuillié, n’avait pas trouvé dans une foire aux fossiles d’Alsace un fragment de mammifère fossilisé qui, d’après le vendeur, provenait des mines de Khouribga.
     
    « Il s’agissait de la mâchoire supérieure d’un mammifère terrestre, primitif et inconnu, explique M. Gheerbrant, à qui l’amateur avait porté sa trouvaille. C’était inattendu mais très intéressant. » Car avec la fin des dinosaures, il y a 66 millions d’années, les mammifères se mettent à proliférer partout dans le monde. Y compris en Afrique qui, à l’époque, est isolée de l’Europe et de l’Asie par la mer Téthys. « Les connexions avec les autres continents ne se faisaient que ponctuellement, lorsque le niveau des mers baissait suffisamment. » De fait, les mammifères africains ont évolué indépendamment des autres, donnant des groupes aussi particuliers que les éléphants, les damans ou les lamantins. « Or nous savions très peu de chose de l’histoire de ces mammifères. » D’où l’enthousiasme suscité par l’improbable découverte alsacienne.
     
    Dans les semaines qui suivirent, Emmanuel Gheerbrant s’est rendu à Khouribga pour vérifier l’origine du fossile. Puis, il a demandé à l’OCP une autorisation de fouilles. Les tractations débouchèrent sur deux conventions de recherches signées en 1997 et en 2005. Le début d’une pluie de découverte. Car depuis les travaux d’Arambourg, où l’exploitation des phosphates se faisait par des galeries souterraines, les choses ont bien changé : désormais, l’OCP gère d’immenses carrières à ciel ouvert, épluchées en continu par des machines. Une manne pour les paléontologues, qui peuvent ainsi se faire une idée des faunes de l’époque.
     
    PILLAGE OU GAGNE PAIN ?
     
    « On a bien essayé de leur interdire l’accès, mais le site d’exploitation est trop grand : c’est peine perdue », explique M’barek Amaghzaz.
     
    « A Khouribga, assure un ancien membre de l’OCP, environ 300 personnes  anciennement des paysans  vivent du ramassage de fossiles. Elles les vendent à des grossistes », qui les revendent deux à trois fois plus chers à des collectionneurs étrangers. Ou à l’OCP, qui constitue sa propre collection paléontologique.
     
    Si pour certains ces ramasseurs participent au pillage du patrimoine marocain, pour Emmanuel Gheerbrant ils constituent une force : « C’est grâce à ce marché parallèle que le phosphatherium a été découvert, explique-t-il. Sans eux, une grande partie des fossiles seraient tout simplement broyés par les machines de l’OCP. »
     
    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/01/06/fossiles-une-mine-marocaine_4343564_1650684.html
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