3 jours avant la publication de l'étude de Technologia, la RATP présentait un concept-bus, qui ne roulera jamais sur le réseau mais préfigure les futurs matériels qu'exploitera l'ex-Régie.
L'aménagement de bus, baptisé Hynovis, a été particulièrement pensé pour rendre le transport moins stressant et plus agréable. Le concept-bus propose ainsi un couloir plus large (1,20 m contre 0,90 m), de grandes vitres et l'ensemble des sièges est disposé au même niveau, sans marche, pour une meilleure accessibilité.
La RATP lance ponctuellement des enquêtes ad hoc sur le terrain et utilise une plate-forme communautaire sur Internet (baptisée "la fabrique") où les membres, tous usagers, sont sollicités pour tester ou donner leur avis sur les futurs produits et développements.
Grâce aux informations recueillies, la RATP peut formuler des préconisations auprès des constructeurs, des aménageurs ou des architectes. C'est la conjugaison de ces enquêtes et des contraintes de la RATP qui donne naissance aux innovations. La barre de maintien à 3 branches que l'on trouve dans les bus ou sur certaines lignes du métro répond ainsi à deux attentes : le souhait de la RATP que plus d'usagers puissent se tenir debout dans la rame aux heures d'affluence et le fait que les voyageurs ne supportent pas le contact physique.
Le métro en intercirculation, de type "Boa", qui est en circulation sur les ligne 1 et 14, répond aussi à la fois aux attentes du transporteur et des voyageurs. Il permet de mieux se repartir sur l'ensemble de la rame sans se retrouver coincé dans un wagon, mais il offre, aux dires des usagers, plus de confort, de visibilité et de sécurité. La largeur des sièges a également été repensée pour tenir compte de l'évolution des morphologies. D'autres innovations comme les portes anti-suicide - pudiquement appelées façades de quai - installées sur la ligne 14 vont aussi être mises en place sur la ligne 13. Selon la RATP, écarter les risques d'intrusion sur les voies augmentera la régularité de la ligne. Il semble aussi que les voyageurs apprécient cet environnement protégé.
Mais s'il est un sujet sur lequel travaille particulièrement la RATP, c'est l'information. Pour l'entreprise, ce doit être "un service de base donné au client". "Cette information en temps réel est largement appréciée", constate Hélène Laborie. Pourtant, c'est cette même information ou plutôt son absence dont se plaignent fréquemment les usagers, surtout lorsque le trafic est perturbé. A la RATP, on assure être "conscient de l'attente des voyageurs sur ce sujet précis".