Vieux, déglingués et mal entretenus, les taxis marocains n’ont pas bonne mine. Des négociations ont été entamées, en 2007, entre les organisations syndicales représentant la profession, les ministères de l’Intérieur et de l’Equipement et du Transport pour renouveler les véhicules. Ce projet est né suite à la grève générale d’avril 2007.
En 2007, le montant alloué au renouvellement du parc d’automobiles dans le secteur avait été fixé à 50 millions de DH. Mais la mesure n’a jamais été appliquée. Au niveau du ministère de l’Intérieur, on assure que «dans le cadre de la loi de Finances 2009, le fonds de soutien au transport est doté de 400 millions de DH par an. Ce montant se compose de 200 millions pour le renouvellement des camions de transport pour le compte d’autrui, 150 millions pour les autobus et 50 millions pour le parc de taxis».
Les mêmes sources affirment que ce projet n’a pas pu entrer en application pour 3 raisons :
Les textes d’application sont toujours en préparation.
Les négociations entamées avec les opérateurs du secteur n’ont pas encore abouti à un accord sur les montants, les modalités d’application, et sur les détails concernant le véhicule à acquérir dans le cas des grands taxis.
Une réunion a eu lieu, récemment, entre Karim Ghellab (ministre du Transport), Hicham Smahi, responsable du secteur auprès du ministère de l’Intérieur, des cadres de la wilaya et des membres de la commission nationale de coordination du transport. «Il est question que l’Etat accorde une aide de 75.000 DH pour les grands taxis et 35.000 DH pour les petits». Il est possible que l’indemnité réservée aux grands taxis soit revue à la hausse dans les prochains mois.
Le secteur n’aurait droit qu’à 50 millions de DH, au titre de 2009. «Ce n’est pas assez. Casablanca compte à elle seule environ 8.000 taxis rouges et 6.000 grands taxis. Pour tout le Maroc, le nombre total, pour les 2 catégories, est estimé à 65.000 véhicules», ajoute Lehrizi.
D’autres difficultés risquent de bloquer la réalisation du projet. En effet, si pour les petits taxis le marché de l’automobile est libre, pour les grands taxis aucune marque n’a été identifiée. Les spécifications générales de ces véhicules en termes de cylindrée, nombre de places, de robustesse, etc., sont fixées par une circulaire du ministère de l’Intérieur. Mais pour les inconditionnels de la Mercedes 240, le marché n’offre pas d’alternatives.
«Le montant de l’aide prévue par le gouvernement est dérisoire. Et l’exonération de TVA dont on nous parle n’a aucun effet sur notre activité. Comment voulez-vous que les professionnels du taxi puissent payer un crédit en plus de 2.500 DH/mois pour la location de l’agrément, 1.000 DH/mois d’assurance et 250 DH/jour pour le gasoil?», fait remarquer Alkihel. Ce dernier regrette également «la suspension, en 2001, de l’arrêté municipal permanent n° 8-62, relatif aux propriétaires de taxis, et de l’extrait n°9-62 relatif aux agréments des taxis. Ces deux textes permettaient à toute personne justifiant d’une ancienneté de 10 ans dans le secteur de faire une demande d’agrément de taxi. «Seule la réactivation de ces textes pourrait professionnaliser la profession», ajoute-t-il.
Enfin, il serait question d’autoriser les taxis à afficher de la publicité. Cela pourrait représenter un revenu d’appoint pour les professionnels. Pour l’heure, le projet est en stand-by.