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 Etude sur la pauvreté au Maroc

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MessageSujet: Etude sur la pauvreté au Maroc   Sam 5 Déc - 19:29

«La croissance seule reste insuffisante pour réduire la pauvreté». 

Le HCP s’est livré à l’analyse «des capacités des ménages à s’extraire de la pauvreté, analyse en termes de bien-être».

Pour qu’une croissance forte ait des effets bénéfiques sur la réduction de la pauvreté, il faut stabiliser l’inégalité sociale.

C’est un tout indissociable. A côté de la croissance économique et de l’équité sociale, la lutte contre la pauvreté passe aussi par la capacité des ménages à s’auto-protéger de la pauvreté.

Voici -entre autre- ce qui permet aux ménages pauvres d'améliorer leur situation:

- La réduction des charges familiales,
- L’accroissement du capital scolaire des ménages,
- La création de l’emploi
- L’amélioration de l’insertion économique des personnes qualifiées


1- La taille des ménages exerce un effet négatif sur leur sortie de la pauvreté. 

A titre d’exemple, pour un couple, l’arrivée du premier enfant s’accompagne en moyenne d’une réduction de la consommation par tête de l’ordre de 7,5% en 1985, 9% en 2001 et de 17,5% en 2007. 

Plus encore, en 2007, l’augmentation d’une unité du nombre d’enfants détériorait le niveau de vie par habitant de 3,1%. D’ailleurs, de 1985 à 2007, le nombre moyen d’enfants par ménage a connu une baisse totale de 42,3%, en raison notamment de la baisse de la fécondité. Celle-ci étant activée par le réajustement des comportements des ménages durant les années 1990. Une période marquée par les sécheresses récurrentes et le chômage urbain.

2- Les ménages dirigés par les femmes sont également défavorisés en termes de chance d’amélioration des niveaux de vie.

3-L’éducation joue aussi un rôle dans l’amélioration du niveau de vie et donc dans la lutte contre la pauvreté. Une augmentation d’une unité du nombre des membres alphabétisés engendrait à l’échelle nationale une hausse du niveau de vie de 10,6% en 1985, de 6,7% en 2001 et de 8,7, en 2007.

4-L’insertion professionnelle d’un actif de niveau d’études supérieures augmentait les chances de sortie de la pauvreté de 26,1% que celles résultant de l’insertion d’un actif de niveau collégial.

Les tendances constatées montrent que la sortie de la pauvreté n’est plus tributaire du seul facteur «emploi de la main-d’œuvre», mais encore faut-il qu’elle soit suffisamment qualifiée et formée, note le HCP.

Voir notre dossier sur le sujet : http://www.mizania.com/content/view/32/59/
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MessageSujet: Re: Etude sur la pauvreté au Maroc   Sam 25 Jan - 13:56

Des avancées ont été réalisées en matière d’inclusion des couches  défavorisées mais beaucoup de chemin reste à faire.
 
Le constat est dressé par le 2ème rapport de l’Observatoire National du Développement Humain (ONDH).
 
Les progrès relevés trouvent leur origine dans le maintien des équilibres fondamentaux et la réalisation d’une  croissance soutenue sur la période 2004-2009. Mais depuis, la situation a beaucoup changé. Et la croissance  peine à atteindre le niveau requis pour la création de l’emploi. Néanmoins, la livraison de l’Observatoire  n’est pas dénuée d’intérêt. Elle concerne l’un des «nœuds du futur» pointés par le rapport du Cinquantenaire.    
 
L’Observatoire focalise son analyse sur trois catégories de population touchées par l’exclusion :
-         la femme,
-         les jeunes
-         le monde rural.
 
Il se propose d’évaluer l’impact des principales mesures et réformes engagées sur cette population.
 
La première décennie des années 2000 a été marquée par des réformes structurelles et le lancement de grands chantiers d’infrastructures dans un contexte de mondialisation et d’ouverture de l’économie nationale. «Ces initiatives commencent à produire leurs effets sur le plan social», constate l’Observatoire. 

Au cours de la période 2004-2009, le taux de chômage a baissé de 1,7%, l’analphabétisme a reculé de 3,5 points et la scolarisation s’est accrue  de 5% points. 

Des améliorations ont été également enregistrées en ce qui concerne la pauvreté et l’accès aux services sociaux.  Le taux global de la pauvreté est passé de 15,3 à 8,8% entre 2001 et 2008 bien qu’à un rythme moins accéléré en milieu rural (35%) qu’en milieu urbain où il a été divisé par deux.
 
«Toutefois, cette baisse n’a pas permis de créer un nombre d’emplois suffisant pour absorber la demande croissante de travail ni de réduire les inégalités sociales», révèle le rapport. La part des 20% de la population aisée dans la dépense totale n’a pratiquement pas changé entre 2001 et 2007 : 48% contre 6,5% pour le cinquième de la population la plus pauvre.
 
Qu’en est-il des catégories ciblées par l’Observatoire ?
 
Les femmes
Elle ont eu droit à un nouveau statut depuis 2004 (la Moudouana) leur permettant en principe d’agir sur les facteurs décisifs de l’exclusion. En particulier, la scolarisation des jeunes filles et les droits économiques des veuves et femmes divorcées.
 
Mais le Code de la famille se heurte toujours à des résistances. Le mariage des mineures persiste surtout dans le milieu rural. Et la prévalence de la violence touche 62,8% de femmes, urbaines pour la majorité.
 
Le taux de l’analphabétisme parmi le sexe faible est aussi plus élevé par rapport à la junte masculine. En milieu rural, il est de l’ordre de 71% pour les femmes contre 42,3% pour les hommes. La situation n’est pas non plus moins préoccupante en milieu urbain : le pourcentage de femmes analphabètes est de 38,4% contre 18,6% pour les hommes.
 
En ce qui concerne l’accès aux activités économiques, le rôle demeure marginal. En 2009, le taux de femmes actives était de 25% contre 75% pour les hommes. «De même la représentation des femmes dans les instances législatives, exécutives ou judiciaires reste limitée et en tout cas inférieure au tiers ciblé par les objectifs du Millénaire», dénonce l’ONDH. Même si, le statut de la femme et les conditions de son travail ont été nettement améliorés, il n’est pas certain que leur application soit effective ou que cela suffise pour changer les mentalités.
 
Selon l’Enquête Planétaire de la Fondation pour l’Innovation, 50% des jeunes sont réticents à l’égalité des sexes et ne considèrent pas qu’il s’agisse,  d’un critère essentiel pour définir leur société idéale.
 
Les jeunes


La jeunesse n’est pas mieux lotie. En particulier, celle âgée de 15-24 ans. Parmi cette catégorie, le taux de chômage a augmenté de 2 points entre 2004 et 2009 et reste plus préoccupant en milieu urbain où il s’est établi à 31,8%.
 
Il touche aussi beaucoup plus les diplômés que les sans diplômes.
 
«Les programmes «Moukawalati» et «Taehil» destinés à faciliter la transition des jeunes diplômés vers l’emploi se sont soldés par un échec cuisant». Le premier a enregistré la création de 3.000 entreprises en 2009 soit 10% de l’objectif de 2008. Alors que le second, portant sur l’amélioration de l’employabilité de 100.000 chercheurs d’emploi n’a profité qu’à 14.000 personnes.
 
Mais le problème est promis à l’aggravation avec l’abandon scolaire qui reste le talon d’Achille du système de l’Education nationale. Il affecte en effet, 70% des effectifs nouvellement scolarisés en première année du primaire: 387.000 élèves. «Si, cette proportion se maintient sur les cinq années à venir, ce sont 2 millions de jeunes entre 12 et 20 ans qui auront quitté l’école prématurément et dont la majorité sera demandeur d’emploi sans aucune qualification», prévient l’Observatoire. D’où la nécessité d’appliquer la loi fondamentale sur l’obligation de la scolarisation et de la réglementation sur le travail domestique pour infléchir cette tendance.
 
Certes l’Etat a initié un système de formation par apprentissage depuis 2002. Mais le résultat à fin 2009 demeure très faible : 97.000 ayant bénéficié pour un effectif qui frôle les 400.000.
 
Le monde rural


Son exclusion se pose en termes d’accès généralisé aux infrastructures et aux services publics.
 
Les retards accumulés, il y a deux ou trois décennies, ont été rattrapés. En 2009, les taux d’accès à l’eau potable et à l’électricité ont atteint respectivement 89 et 96,5%. Ces performances devraient en principe permettre aux populations rurales de participer aux activités éducatives et économiques.
 
Mais des carences et inégalités subsistent dans les campagnes. L’électrification peine à gagner tous les foyers des zones desservies, car une part non négligeable (12,5%) des ruraux n’ont pas les moyens de se raccorder au réseau. Il en est de même pour l’eau potable dont 45,6% des ménages ruraux ne sont pas encore branchés.
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